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Le Rouge et le Noir

peur soudain mais tant pis

le 03/10/2005 à 22h14

Lettre à Marie,

 

Nous avons passé, hier, une après-midi magnifique. Je sais que tu viendras un jour lire ce que je ne dis pas.

Tu étais ravissante comme toujours, avec cet air garçon manqué qui te caractérise. Je t’ai regardée rire, plaisanter et danser sur les tables que nous occupions. Si j’avais eu le quart de ta spontanéité, je t’aurais rejointe. Dans trois mois nous allons travailler ensemble. Pas à temps plein, je n’ai pas ta chance, mais nous nous verrons encore plus souvent et je n’arrive plus à faire semblant. Marie, j’ai si peur de ce que je voudrais t’écrire.

Comment n’as-tu jamais compris que l’amitié qui nous lie va bien au-delà ?

Parce que tu es authentique ? Parce que tu trouves tout naturel ? Parce que tu ne veux pas voir ?

T’es-tu jamais demandée pourquoi je n’ai jamais eu de petit copain ? Ne t’es-tu jamais posée la question du pourquoi tu ne me vois jamais sortir ? Je sais que, peut-être, tout ceci va te choquer. Je n’ai plus aucune éloquence devant ce que je tente d’avouer. Je sais que face à toi, je ne pourrais pas. Alors, voilà, sans le dire vraiment, j’essaie de te le faire comprendre. Certes, tu  ne mettras pas longtemps à déchiffrer ce que t out imbécile est capable de soupçonner depuis la première phrase.

 

Aveu

 

Ces cheveux toujours en bataille

Ce sourire qui foudroie, ces yeux de biche,

Qui me poursuivent où que j’aille ;

Ce tout qui a fait que de toi je m’entiche.

 

La nuit, je rêve ce que je n’ose dire

Le jour, je fuis ce que j’aime ardemment.

La nuit, dans mes draps, tu vas me maudire,

Je t’aime, à la folie, éperdument.

 

Ces mains longues et fines, qui dansent

En arabesques quand tu parles vite,

Ces lèvres qui disent plus qu’elles ne pensent,

Ton visage, je l’accroche aux murs que j’habite.

 

Je me perds en mots bredouillés, embrouillés,

Je rougis quand tu me frôles sans arrière-pensée,

Je me cache loin de toi pour ne pas te souiller.

Marie, que diras-tu devant l’amour péché ?

 

Au risque de te perdre ou, qui sait peut-être,

A la chance d’être comprise, enfin j’avoue

Que cet amour de toi je n’en suis plus maître

Et que depuis je vis toutes les peines des jaloux.

 

Jeanne

Copyright

Commentaires

Par gloomy le 11/11/2005 à 14h46

J'ai en même temps tellement de plaisir de lire ce que tu as écris, et en même temps ça me rend tellement triste.
Je sais trop bien ce que c'est de ne pas aimer "comme il faut" une certaine personne...

Par mdb le 04/10/2005 à 17h24

I'm sorry so sorry!

Par jfred le 04/10/2005 à 09h12

l'amour est universel. quelque soit l'être que l'on aime, on se doit de respecter ce choix, car la liberté d'aimer est aussi forte que la liberté de vivre.
si elle ne l'accepte pas, elle ne peut être celle que tu croyais. si elle le refuse mais le comprends, alors qu'elle soit toujours ton amie.
si son regard épouse le tien, c'est qu'elle est de ces amours que l'on montre encore, hélas, du doigt. mais à te lire, je n'en ai pas l'impression

Par matti le 03/10/2005 à 22h21

bonne chance



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