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Le Rouge et le Noir

à vous qui êtes passés...

le 13/09/2005 à 19h03
A vous qui m’avez honorée de vos commentaires.

 

 

 

Amis lecteurs, ne m’en veuillez point si je ne réponds pas à vos appréciations. Ceci ne veut pas dire pour autant que je ne vous aie lus.

Avec l’accord que je me suis donné et dans ma grande paresse, de ne pas me déplacer vers vous pour laisser des impressions, je vous rencontre ici dans mon alcôve et je vous y estime bien plus que si je n’allais répandre flatteries insensées ou courtoisie risible sur vos territoires. Si j’avais été un homme, j’aurais probablement eu les allures de dandy méprisé du commun des mortels. J’aurais eu un destin tel Louis poursuivi par Lestat ou alors celles d’un assoiffé de vengeance aux ressemblances étranges avec le Comte de Monte Cristo. Bref, ma silhouette se définit sans doute de plus en plus. J’irais jusqu’à vouloir être la Main Verte, cette main que l’on croit encore serrer entre les siennes alors que l’homme de tous les jours vous destinerais à l’asile psychiatrique. Pourtant vous devez savoir que je les hante vos terres :

« je bois vos ardeurs

et pleure vos malheurs. »

 

C’est ainsi que ta visite m’apporte un réel plaisir jfred de ‘TOTALE LIBERTE’. Sache que je t’ai parcouru dans un vol de nuit. Au premier abord, voici ce que je retire de mes parcours nocturnes : tu dois être un homme généreux, un peu ronchon mais sympathique. Tu dénotes cette bonne humeur des gens de bon sens et dont on oublie parfois qu’eux aussi ont leurs blessures. Cher monsieur, avec vous j’imagine un vieux chêne solide dont le tronc offre rempart.

 

Toi  Mask, je n’ai évidemment pas encore vogué suffisamment dans l’atmosphère qui entoure cette planète composite qu’est Lexode. Je n’ai donc pas rencontré encore ton blog. Ton pseudonyme fait naître en mon imagination une scène d’un film que j’aime quoi que la critique ait pu en dire. Je m’en réserve le droit de ne pas citer son titre. Je le vois tout de noir vêtu et elle à ses pieds porte une longue jupe rouge. Dommage que tant de lumière soit braquée sur ces deux êtres magnifiques. Un rêve de petite fille sans doute, arrimage bien puéril je l’avoue. Quelle étrange coïncidence également que celle de me laisser cet extrait celtique. Avec  comme seul indice ces notes mélodiques, j’en déduis que tu es doué d’une sensibilité rare et extrême.  Tu touches mon âme dans ce qu’elle a de secret et de fragile. Avec toi je vois les landes, les bruyères et les accords d’une harpe. Mon château se construit pierre après pierre dans vos têtes ? Pour ce qu’il en est des couleurs, les lignes qui suivront, te dessineront d’autres traits d’une étrangère.

 

Ah Banshee, quelle erreur impardonnable, n’est-ce pas ! À tes yeux sans doute, aux miens est déjà injure de devoir y inscrire le nom. Comment peut-on l’ignorer ? Mais je conçois ton point de vue à une époque où l’ignorance prend possession des habitants de ma planète. Afin d’informer les lecteurs qui auraient la même réaction que la tienne, je signale cette fois et ne le ferai plus, que tout écrit m’appartenant est soussigné par mon prénom. Les autres, dans ma vision de la culture, devraient être connus. N’est-ce pas en général dans la grottesque appellation d’ ‘auteurs connus’ que ce monstrueux arachnide à la toile recouvrant notre globe a choisi de les cantonner ?

Si vous tous trouvez cela vraiment choquant que j’omette volontairement leurs noms, envoyez-moi au moyen d’un pigeon fidèle et attendrissant vos desiderata.

Dans ma mémoire chantent non seulement leur nom, mais avant tout leurs œuvres !

 

 

Place aux couleurs : le choix du titre de mon espace. N’y cherchez aucune tendance stendhalienne quoique ce roman me plût beaucoup à l’âge de quinze ans.

Non, mon Rouge et Noir a ses raisons : cette couleur qui coule dans nos veines même s’il arrive qu'il soit bleu, est à mes yeux la représentation d’épisodes intenses. Le rouge est passion, colère, fougue, rage, amour, feu ardent ou folie meurtrière. Mais n’est-il pas aussi ce coloris qui vient orner les joues de la jeune fille timide et espiègle quand un galant lui fait la cour ? Qui n’a pas choisi les roses rouges pour dire à son élue ce que ses lèvres n’osaient avouer. Ô pauvre monde qui oublie que la femme se conquiert autant par les mots que par les gestes. Troubadours dans les oubliettes de quel donjons vous a-t-on enfermés ?

 

Jeanne B.

Copyright ®

 

 

 

 

Allien ici parmi les hommes

le 12/09/2005 à 21h41

Une chatelaine du vingt et unième siècle




Bonjour Jeanne ! Oui, Jeanne c’est moi. Vingt-trois étés, toutes mes dents et un magnifique diplôme conforme aux normes capitalistes. Dans quatre mois commencera une nouvelle étape dans ma vie: la participation à la rentabilité de la société par le travail. Mon cauchemar inévitable, ma vie diurne. Vu que je n’ai pas de don divinatoire, je ne me perdrai pas en palabres sur un sujet qui n’a pas encore de réalité.

Toi, qui vas recueillir mes mots je n’aime pas ton nom : je te baptise aujourd’hui par la plume et l’encre virtuelle et te donne le nom de Mirror.

Comme il est étrange, si jeune encore de parler déjà du passé. Bien qu’il ne soit plus, il me marque pourtant de son empreinte. Ses pages ont fait de moi ce que je suis.

Jeanne, que se passe-t-il ?

Rien Mirror, pourquoi ?

Toi qui as toujours les yeux si veloutés de douceur, toi si amène d’habitude, tu me sembles si lointaine.

Mirror, Mirror, tu connais ma tristesse. Elle vient le soir quand les ombres descendent sur la terre.

Parle-moi Jeanne ! Dis-moi ton tourment !

Ah Mirror, tu le connais pourtant. Ce n’est pas un tourment, juste une mince pellicule d’amour restée agglutinée à ma mémoire, une mélancolie profonde venant de ma nature trop romantique.

Cet amour qui s’en est  allé, a laissé en moi ce sentiment. Je n’en suis pas devenue  pour autant amère. Seulement mon instinct solitaire est revenu au grand galop. Et tant de souvenirs émergent. Je ne suis pas femme sociable, dit-on.

Mirror, toi qui me connais mieux que quiconque, tu sais combien je suis une Allien parmi mes congénères. J’aurais du naître il y a longtemps, au temps des ‘Riches heures du duc de Berry’ ou alors quand Arthur s’unissait à Morgane dans une nuit magique.

Allons Jeanne, tu ne te vois pas une tapisserie à la main ?

Qui sait, Mirror. Une tapisserie peut-être pas, mais un rôle de châtelaine, entourée de bardes ou de poètes, me siérait à merveille. Je suis déjà dans cette attente d’un chevalier qui doit arriver sur une monture fatiguée. Mais où est ma sœur Anne qui en haut de la tour m’annoncerait qu’il est aux confins du domaine.

 

Voilà, cher lecteur, sans doute en comprendrez-vous un peu plus sur ma nature. Hors époque, hors saisons, être abscons comme l’univers ou créature transparente comme l’eau de roche. La nuit est la scène où je me sens chez moi.

 

Jeanne B.

Copyright®

Parce que le jour ....

le 12/09/2005 à 01h54

Parce que le jour succède à la nuit, parce que mes yeux sont délavés par la fatigue, je me souhaite une douce nuit en pensant à vous qui peut-être vaguez encore dans les brumes nocturnes.


La pluie s'est faite rosée et je vous laisse pour bonsoir un camélia.


Jeanne.

entrée tout en murmures.

le 12/09/2005 à 01h45

Ophélie

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles ...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile:
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

O pâle Ophélia! belle comme la neige!
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!
 
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.